Histoire de la filière textile habillement
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+ Histoire de la filière dans la région    du XVIIème siècle à nos jours  

Secteur de pointe de l'économie régionale la filière Textile-Habillement apparaît aujourd'hui comme un élément incontournable du dynamisme régional.

XVII° siècle : création des premières cotonnades

Les grands principes d'une mode dite du " Sud " sont fixés dès le XVII° siècle. A partir de 1650, la création des premières cotonnades imprimées françaises dites indiennes, commercialisables grâce aux apports techniques de maîtres indienneurs arméniens installés à Marseille, à partir de 1669, lance la renommée de la ville. Toute l'Europe élégante voudra posséder des indiennes. C'est la naissance d'un style du Sud : légèreté des tissus, imprimés exotiques, couleurs chatoyantes, confort des matières…

A la même époque, Marseille détient une importante manufacture royale de brocard de velours de soie tissés d'or et d'argent qui exporte ses productions dans tout le bassin méditerranéen, ainsi qu'une manufacture de toiles installée au cœur de l'arsenal.

XVIII° siècle: robes à la française, corsages ou caracos dit à la spencer

Au XVIII ° siècle alors que les classes dirigeantes aristocratiques haute bourgeoisie s'habillent selon les principes des modes nationales, la seconde moitié du XVIII° siècle voit l'émergence de paraîtres spécifiques dans les classes moyennes.
Artisanes, bastidanes, poissonnières enrichies vêtues de corps souples, caracos et jupons piqués développent des modes typiquement régionales. Le musée du Vieux Marseille conserve à cet égard un ensemble remarquable de pièces de costumes de cette époque.
Durant le XVIII° siècle, on revêt également des robes à la polonaise et à la française.
A partir de 1795, on abandonne les robes à paniers et le corps à baleine.
Le corsage à coulisse préfigure l'apparition de la mode des tailles hautes du Directoire et des caracos courts de la fin du XVIII° siècle et du début du XIX°.
Plus on s'approche de la fin du siècle, plus la basque est courte et relevée. L'engouement pour les corsages ou caracos dit à la spencer vînt d'une mode masculine lancée par Lord Spencer qui avait raccourci sa redingote. La mode des spencers fît fureur à Marseille. On finit de les utiliser en vêtement de travail dans les années 1840.


XIX° siècle: indiennes et cachemires

On l'aura compris, il est impossible de concevoir le costume traditionnel des Marseillaises sans le port des cotonnades imprimées qui le caractérise depuis la seconde moitié du XVII° siècle. Marseille fût longtemps à la tête de la production des indiennes en France, mais elle se voit concurrencée dès la seconde moitié du XVIII° siècle par les manufactures alsaciennes, parisiennes, normandes, sans oublier la célèbre manufacture de Jouy-en-Josas. En ce début de XIX° siècle, les manufactures ferment les unes après les autres. Très vite, les indiennes de Mulhouse seront les plus courantes. Les costumes marseillais et provençaux conservent cette spécificité des indiennes qui sont portées comme un véritable patrimoine, même si les centres de production sont ailleurs.
Le XIX° siècle voit également le triomphe des châles en cachemire. Si cette mode n'est pas spécifique à la Provence, loin s'en faut, il est toutefois remarquable de noter que très vite, les classes populaires l'adoptèrent dans notre région. Présents dans les corbeilles de mariage, ils seront transmis de génération en génération.


Début du XX° siècle : Marseille et son port offre une image à l'international.
Le luxe apparaît

Du Second Empire à la Grande Guerre, Marseille et son port offre une image opulente et triomphante. Alors que la mode s'internationalise, la Provence reste encore très attachée à ses costumes régionaux. Mais, si l'élite regarde avec tendresse ces pratiques régionalistes, le phénomène de mode est ailleurs.

Dès la seconde partie du XIX°, les grandes dames de la ville et la clientèle de passage peuvent tout trouver entre la Canebière et la rue Saint Ferréol. D'autre part, les grands magasins offrent un nouveau type de distribution et une nouvelle image du luxe.
Tout fascine, de la belle jardinière, à la nouvelle galerie ainsi que les palais commerciaux.
Au début du XX° siècle, le travail des étoffes et du vêtement emploie environ 18 000 personnes.
De grands joailliers tels que Pellegrin ou Frojo, s'installent à Marseille. De plus, le travail du cuir devient considérable.
Pour compléter ce tableau, il ne faut pas oublier l'industrie cosmétique, Marseille a également ses propres parfumeurs. L'enseigne Lorenzy Palanca reste à ce titre exemplaire.

Après la Grande Guerre, tout change : les femmes s'émancipent. La femme ornée semble avoir disparu au profit d'une femme plus libérée.

L'Entre deux Guerres : arrivée massive de la communauté arménienne qui participe au dynamisme de la cité.

Durant l'Entre deux Guerres, l'arrivée massive d'une communauté arménienne chassée de l'Empire Ottoman sera un événement déterminant pour le futur de la ville.
Ces derniers, forts d'une tradition artisanale plurimilénaire , vont très vite s'intégrer et participer au dynamisme de la cité.
Beaucoup travaillent en chambre comme tailleurs, couturières, brodeuses, mais leur spécialité reste le travail du cuir. Les manufactures de bonneterie et sous vêtements s'implantent à Marseille tels que "La. Manufacture St Théodore".Cette maison se démarque par la qualité technique de ses productions et son sens de l'innovation.

Années 1960 : apparition du prêt-à-porter

Dès les années 1960, les choses changent, la couture cède doucement la place au prêt-à-porter. Puis, dans le domaine des sous-vêtements, les marseillais vont introduire les premiers, la couleur et les imprimés audacieux dans la lingerie masculine tel que la maison "HOM". Dans les chaussures aussi, le style Sud est en vogue (Jimmy 58).

Le milieu des années 1970 : importation du denim permet l'essor du jean.

La grande spécialité marseillaise des années 1970, c'est le jean : l'installation de grossistes importateurs de toile denim permet cet essor. Malheureusement cet empire du jean à la marseillaise va s'écrouler au tournant des années 1985. Seules les entreprises ayant su diversifier leur production, à l'image d'H.Landers,vont pouvoir résister.

Des marques plus spécialisées dans le sport se diversifient bientôt au début des années 1990.
L'autre crise importante de la mode marseillaise à la fin des années 1980, est celle qui touche les fourreurs. Attaqués parfois injustement par des associations écologistes, le secteur s'étiole à partir de la fin des années 1980 et 1990.

Années 80 : phénomène nouveau apparaît, celui des créateurs.

Dans les années 1980, un phénomène nouveau apparaît : celui des créateurs, Marseille possède bien vite les siens.
Une des raisons de ce changement est la politique nationale de décentralisation dès les années 1980.
Malheureusement, le manque de productions de matières premières dans la région entraîne souvent les professionnels à se plaindre entre autre, de la contrefaçon. Cet handicap permet tout de même de diffuser les modèles du Sud et pousse les industriels à l'innovation.
On peut dès lors envisager la présence de plus en plus forte d'un style du Sud

Derniers chiffres de l'année 2000

Selon les chiffres de 2000, la filière Textile-Habillement en PACA possède plus de 12 000 entreprises employant plus de 32 000 personnes pour plus de 15 milliards de francs de chiffre d'affaires.

Derniers chiffres de l'année 2003

En 2003, PACA est la 3° région de France après Ile de France et Rhône Alpes, son volume d'activités dans la filière s'est accru en moyenne de 5% par an.

Culturellement, la mode est aussi un secteur très important. Enfin, Marseille grâce à l'Espace Mode Méditerranée offre au secteur une vitrine d'exception, enviée et copiée ailleurs. De plus, ses créateurs ont su depuis un demi-siècle lui donner une identité forte.
Plus qu'une mode, un style est né, tourné vers les loisirs, coloré, ensoleillé, facile à porter et prêt à recevoir tous les exotismes.

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Sources :
Rémy Kerténian, "Marseille et sa région 100 ans de Mode", dossier pour l'Institut Mode Méditerranée, mai 1999.
Rémy Kerténian, "Escale mode à Marseille", in, revue emm n°2, février 2002
"Les belles de Mai", catalogue de l'exposition, Centre de la Vieille Charité,
octobre 2002, co-édition Musées de Marseille, édition Alors Hors Du Temps.


 
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